COUP DE TABAC SUR LE MOURRE ROUGE
La base nautique tant espérée par des centaines d'enfants cannois est elle condamnée à disparaître ? Le tribunal administratif vient en effet, sur la requête de résidents de la pointe Croisette, d'ordonner la suspension des travaux de construction de la base. Ce sont donc près de 5000 jeunes du bassin cannois, qui espéraient venir pratiquer ici dériveur, catamaran, plongée dans des conditions améliorées, qui se trouvent les otages des procédures judiciaires. Jacques Biolay, président de l'association "A la Pointe", reconnaît : "Dans cette affaire, c'est le citoyen cannois le grand perdant !"
Cannes Jeunesse, directement concernée par ce mauvais coup et dont l'emploi est menacé, s'est trouvée samedi après midi au coeur d'une manifestation spontanée de protestation. Une centaine de parents, d'enfants, d'amis se sont rassemblés devant le chantier de la base nautique, rejoints par les représentants d'associations amies, comme le Cebac, le CPIE, ainsi que par certains adjoints (Jean Denis Bernard, Claudette Cotter, Jean Marie Giorgis) et conseillers de la Cannes (Odile Dozol, Jean Poulit). Une marche précédée symboliquement de trois dériveurs a été entreprise sur le boulevard Gazagnaire.
THELEME a "couvert" la manifestation et vous donne à présent la parole. La Fédération vous propose de réagir en exprimant votre sentiment sur cet évènement. Ecrivez nous, votre témoignage sera publié ici même.
Réactions et témoignages (par ordre d'arrivée) ...
De :
Serge Basilewsky [mailto:basilews@club-internet.fr]
Envoyé : dimanche 6 juin 2004 11:50
Les
riverains en question ne se battent pas seulement pour eux mais contre un excès
de "bétonisation" qui a complètement défiguré Cannes depuis pas
mal d'années. Ce n'est plus une plage ou un port que les non Cannois nous
envient mais un environnement défiguré dont ils s'étonnent.
Je parle aussi en tant que parent d'enfants qui ont fréquenté ce lieu, il ne
faut pas en exagérer le succès et proportionner les dépenses à l'utilisation
réelle qui était modeste.
Ah si les maires de Cannes avaient été plus visionnaires, on aurait à la
place du Noga Hilton le Cercle Nautique, à la place du Bunker le Casino
Et me répondra t on le progrès, les Congrès, l'argent.. Il y a d'autres lieux
qui auraient pu être utilisés...
Les villes de France et d'ailleurs qu'on aime sont celles qui ont su préserver
à la fois leurs beaux bâtiments anciens et le cadre naturel de
leur environnement.
Il suffit de voir comment on saccage la Croix des Gardes!
De :
Geneviève Mougins [mailto:genevieve.de-bustos@wanadoo.fr]
Envoyé : dimanche 6 juin 2004 23:45
Après avoir lu les articles dans la presse locale, ainsi que le reportage de Thélème, indiquant que le Tribunal Administratif ordonne l’arrêt des travaux, je me suis rendue au Mourré
Roure, poussée par l’envie de comprendre. Sur place, un panneau indique non seulement les caractéristiques du permis de construire, mais encore que cette base nautique est réalisée par la ville de Cannes avec des subventions de l’Etat, de la région PACA et du département. Les logos de Cannes et de la Région donnant même un air sérieux et d’intérêt public à ces annonces.
Mieux, la future base n’est pas comme on peut le lire un « mur de béton », mais une jolie petite construction, de deux édifices, laissant entrevoir la mer entre eux, et dont la hauteur n’est pas excessive. Ces deux bâtiments en style « pierres apparentes », avec une baie vitrée au travers de laquelle on aperçoit la mer et les bateaux, sont agrémentés d’une tonnelle en bois, le tout d’une extrême finesse. La vue est donc nullement repoussante.
Outre le problème d’une hypothétique irrégularité de construction, sur laquelle il est difficile de se prononcer sans avoir en mains toutes les pièces du dossier, je dois avouer que la cannoise que je suis est très perturbée à l’idée de voir démolir un ouvrage dans lequel la ville (donc moi-même) a investi beaucoup d’argent et qui ne défigure pas vraiment le paysage, donnant même à cet endroit un petit air coquet… et offrant à nos enfants des avantages plus que certains. Comment peut-on imaginer les priver de toutes ces activités sportives, qui font leur bonheur et celui de leurs parents ?
De :
Serge Basilewsky [mailto:basilews@club-internet.fr]
Envoyé : lundi 7 juin 2004 11:25
J'aimerai rajouter que le lieu considéré est vraisemblablement domaine maritime et fait donc l'objet de prescriptions particulières à considérer en détail et étant peut-être à la base de la suspension des travaux.
De : Geneviève
Mougins [mailto:genevieve.de-bustos@wanadoo.fr]
Envoyé : lundi 7 juin 2004 11:53
J'y avais pensé moi aussi, mais en voyant que cette base est réalisée avec les subventions de
l'Etat, du Conseil Régional et du Conseil Général, je présume qu'une telle irrégularité n'a pas pu se produire. N'y a-t-il pas des dérogations pour les ports?
Il faudrait aussi voir si les personnes qui ont attaqué le permis de construire se prévalent d'une servitude de hauteur (je crois que c'est le terme) à leur profit... etc... etc... tout en sachant que la Ville a écouté tous les intervenants, a modifié ses plans au préalable, et a ensuite commencé les travaux...
De toutes manières, nous n'avons pas assez d'éléments pour prendre une position ferme, il faudrait au moins lire la décision de justice.
Tout ce que je peux dire, c'est que ces petits bâtiments sont très jolis et que parfois l'intérêt public (surtout pour les jeunes) réclame des arrangements (voir mon point de vue
sur THELEME)
De : Thierry Cazon [mailto:cazon.t@9online.fr]
Envoyé : lundi 7 juin 2004 16:55
Bravo, pour une fois que le tribunal administratif fait son travail, applique la loi littoral et tente de préserver notre environnement du béton, je suis 100% pour cette décision qui, j'espère sera suivie de la démolition du béton
déjà existant. Les services rendus par un club nautique ne dépendent pas de la taille de ses bureaux mais de la qualité, de la disponibilité de ses dirigeants qui n'ont pas besoin de telles installations mal venues à cet emplacement. C'est le patrimoine cannois qui fout le camps avec ces constructions sans intérêt, c'est tout le quartier qui devient moche avec cette verrue (une de plus)
De : Annie Lecomte [mailto:Annielcmt@aol.com]
Envoyé : lundi 7 juin 2004 17:02
Pour ma part il me parait inconcevable de faire détruire les nouveaux locaux en construction (il parait qu'ils sont très esthétiques) mais j'ai suivi de loin ce dossier et il me semble qu'une décision administrative devait être prise et que la Mairie a débuté les travaux avant que toutes les négociations soient terminées et qu'en plus un mur a été édifié à une hauteur supérieur à celle prévue (je me trompe peut-être
...)
Le problème à Cannes c'est que les choses se font et qu'après on s'aperçoit qu'il manque une ou plusieurs autorisations nécessaires ou que la construction n'est pas conforme à la demande initiale et que l'on est obligé de tout remettre en cause.
Pour la base nautique (..) il est évident que je suis pour que Cannes Jeunesse continue car pour les grands comme pour les petits c'est une association formidable et il faut qu'ils aient des locaux décents pour accueillir tous ses jeunes
De : Chantal Cresp [mailto:chantal.cresp@wanadoo.fr]
Envoyé : lundi 7 juin 2004 20:07
De Mr et Mme CRESP, l'un des "3 riverains" incriminés: Non, nous ne sommes pas les chiens galeux par qui le malheur arrive ni les monstres d'égoïsme qu'on désigne au public. Nous sommes propres et honnêtes. Enfants de paysans, nous savons ce que travailler veut dire : notre maison, nous l'avons acquise par la sueur pas par la spéculation. Nous sommes des gens d'ici, simples, amoureux de la mer et de ce pays où tous nos ancêtres sont nés. Anciens de la base de voile, souvent bénévoles à l'époque pour aider les enfants au grément de leurs dériveurs, toujours marins, pourquoi, 30 ans après,nous
prendrait t'il une envie subite d'empêcher les enfants d'aujourd'hui de goûter à un plaisir partagé ?
Nous n'avons pas non plus attaqué ce permis d'emblée. Pour une raison simple : on nous a pendant des mois endormis d'illusions, la construction ne devait pas comporter d'étage ni s'élever de plus de 1,75 m par rapport au trottoir (lettre du 22/6/03 de l'actuel Maire à notre voisin, Monsieur
Marcombes), elle devait respecter le charme désuet de ce petit port au caractère bon enfant si particulier par sa taille et ses joueurs de boules mêlés aux carénages parfois brouillons des pointus, et si hospitalier que petit à petit les Cannois, laissant la Croisette aux touristes, s'y sont sentis chez eux loin du clinquant et des cohues.
Mais force a été de constater, à la délivrance du permis, que nous nous étions tout bonnement fait rouler.
Nous n'avons alors plus été les seuls à nous émouvoir. Hélas, même les objections des associations et en particulier de l'association "A la Pointe" sont restées lettre morte. Pourtant son Président, Mr
Biolay, était rempli de bonne volonté.
Tout aurait pu se dénouer à l'amiable, on ne nous a pas laissé le choix. Forcée de réagir elle aussi par voie de justice, l'action de l'association "A la Pointe" a abouti à un jugement d'arrêt de travaux tant il est vrai qu'avocats et juges n'ont pas la même approche des problèmes que les simples citoyens d'abord enclins aux compromis. Eux dénoncent ou jugent par la Loi et seulement par la Loi.
Pourquoi les élus se sont-il entêtés sur le volume et sur l'étage et n'ont-ils pas eu la prudence d'attendre l'extinction des recours ? Voilà plus de 30 ans que la base existe, quelques mois de plus étaient-ils vraiment insupportables?
Quant aux deniers publics, nous en avons le souci au même titre contribuable qu'un autre et 40 ans de travail nous ont appris et la valeur et le respect de l'argent.
Ceux qui ont choisi de nous jeter en pâture à la vindicte publique continuerons sans doute à le faire. Ceux qui nous connaissent savent notre probité comme celle de Messieurs Marcombes et Lotte, les autres riverains. Ce texte ne s'adresse en fait qu'à ceux qui voudront comprendre avant de lapider.
De :
Jacques BIOLAY [mailto:jacques.biolay@wanadoo.fr]
Envoyé : mardi 8 juin 2004 18:55
1°/ je suis pour le moins déçu que Monsieur le Premier Adjoint n'ait pas pris en compte les positions que j'avais exprimées lors de la réunion publique organisée à son initiative en mairie fin novembre
dernier. J'avais alors exposé que :
- "notre association avait pour objet de tenter dans les limites strictes de la légalité notamment en matière de propriété privée, de préserver le caractère unique du quartier en limitant autant que faire se peut la bétonisation et qu'elle considérait que le projet en l'état concourait à l'aggravation de cette bétonisation tout en détruisant un site exceptionnel
- " que nous n'étions en aucun cas opposés à l'existence d'une base de voile raisonnable dans la mesure où ses proportions restaient cohérentes avec son
environnement et nous notions au passage que bon nombre de nos adhérents avaient heureusement bénéficié de ses actions pédagogiques soit pour eux-mêmes soit pour leurs enfants.
- " la concertation dont il était fait état devait manquer de qualité puisque une réunion devait être organisée pour tenter d'harmoniser des points de vue apparemment inconciliables.
En d'autres termes, formellement confirmés publiquement en fin de séance, notre association était fermement décidée à s'opposer par la voie judiciaire à ce projet et nous appelions l'attention du Premier Adjoint sur l'analyse que nous faisions de la situation, à savoir :
- Première hypothèse : la Mairie attend la décision du juge administratif pour commencer les travaux et reporte ainsi d'un délai certain le premier coup de pioche;
- Deuxième hypothèse : la Mairie tente un "PASSAGE en FORCE", s'expose à la censure du juge administratif et engage imprudemment les deniers publics,
- Troisième hypothèse : la Mairie revoit sa copie , abandonne ses objectifs "pharaoniques" et nous participons activement à l'élaboration d'un compromis satisfaisant pour toutes les parties.
Malheureusement de notre point de vue, la mairie a retenue la mauvaise hypothèse et doit PLEINEMENT assumer ses responsabilités face au
citoyen-payeur….
2°/ Après la mise en place d'une charte de l'environnement prônant notamment la CONCERTATION la plus large, il est tout à fait regrettable de devoir subir un
"ukase" alors que tous les éléments étaient réunis pour éviter un affrontement annoncé.
3°/ Alors que dans les plus hautes sphères de l'Etat on condamne la politique qui voudrait s'imposer par la rue, nos élus locaux se joignent, voire organisent une manifestation pour critiquer une décision de justice…
4°/ Sur le fond, la base nautique fonctionne depuis des années dans des locaux exigus et apparemment à la satisfaction générale, des améliorations s'imposent mais un budget minimum de 2 millions d'euros se justifie-t-il ? Les enfants que l'on pousse à manifester seront-ils plus heureux pour autant?
5°/ L'opprobre jetée sur d'honorables citoyens livrés publiquement à la vindicte de la rue n'est certainement pas digne d'une démocratie comme la nôtre. De même les excès de langage de certains adjoints ramènent tout débat au rang de vile polémique: la tactique du bouc-émissaire redeviendrait-elle d'actualité?
6°/ Présenter des photos montages avec des palmiers qui n'ont pas la place ni la terre pour se développer relève de quel qualificatif ? De plus, la remarquable qualité de la présentation du projet a-t-elle permis à chacun d'apprécier en toute objectivité l'impact de la construction sur le site ?
7°/ Les entretiens prévus avec l'adjoint aux affaires juridiques ont été, de son fait, annulés par TROIS FOIS…Etait-ce par simple désinvolture ou bien une manœuvre pour gagner du temps?
En conclusion, je réaffirme avec force que :
- notre position n'a pas été appréciée comme elle aurait du l'être;
- le risque encouru par un "passage en force" a été négligé (le fait du Prince),
- cette impéritie a été justement sanctionnée par le juge administratif,
- les témoignages de soutien que nous recevons de toutes parts nous confirment dans le bien-fondé de nos démarches.
De : Pierre GUYOMARCH [mailto:guyomarch.pierre@wanadoo.fr]
Envoyé : mercredi 9 juin 2004 08:24
La base nautique… un contentieux… un constat d’échec… un débat.
C’est volontiers que je participe au débat proposé par le président de THELEME concernant le sujet.
Au-delà de toute autre considération explicable, justifiable ou argumentable de la part des protagonistes ou simple témoins de ce dossier à rebondissement, j’ai pour ma part une réaction de grande déception teintée de révolte interrogative.
Comment en est-on arrivé à ce nouvel échec après avoir essuyé un précédent identique dans des conditions pratiquement similaires subi par la municipalité précédente ?
Les représentants des deux parties intéressées sont très majoritairement d’accord sur le bien fondé de la construction d’une nouvelle base nautique, reconnaissant ainsi ses impacts éducatifs, sociaux, voire économiques et touristiques bénéfiques à notre collectivité.
Alors… Pourquoi ?
D’un côté la municipalité qui assure avoir épuisé tous les contacts possibles avec les riverains et associations concernées et pris la décision d’engager la construction en raison, disent ses représentants, du critère d’intérêt général dont ils sont légitimement porteurs.
De l’autre, quelques riverains privés d’une vue sur la mer appuyés par des associations de défense de l’environnement qui affirment travailler pour
"une limitation de la bétonisation du quartier".
Ils ajoutent qu’ils avaient prévenu la mairie de leur intention de contester le projet s’il n’était pas
"allégé" selon leurs considérations.
Cette réaction a été confirmée légitime par la décision de justice qui ordonne l’arrêt des travaux.
Sommes-nous en présence d’un dialogue de sourd assez classique dans notre beau pays de France avec en l’occurrence, des conséquences financières coûteuses et éventuellement un prolongement social conséquent car ce projet peut mettre en cause la pérennisation de l’organisation
"Cannes Jeunesse" qui avec ses cinquante salariés permanents est confrontée à une réorganisation structurelle dictée par la municipalité dans le cadre d’une D.S.P. (Délégation de Service Publique).
J’analyse personnellement cette situation comme un cas d’école avec l’arrière pensée d’alimenter un débat profitable à des cas similaires ou proches de l’actualité criarde de Cannes qui vient de traverser la semaine nationale de l’environnement commentée abondamment par la presse locale.
Je propose quelques réflexions personnelles dont l’intérêt ne peut être que très relatif si elles ne sont pas partagées.
• Il faut se féliciter qu’en règle générale les décisions de nos élus soient dictées par le critère d’intérêt général en tenant compte cependant qu’en matière d’environnement, de cadre de vie ou d’aménagement du territoire, l’intérêt général peut-être envisagé de différentes façons surtout quand elles engagent le futur.
• L’intérêt général qu’aucun qualifie comme la synthèse des intérêts particuliers et non leur somme n’est l’apanage exclusif de personne, qu’il soit personnalité marquante ou structure légale représentative.
• Il faut se réjouir d’être citoyen d’un pays de droit où prévaut la démocratie permettant à des associations une expression légale et réglementaire qui peut et doit, si elles sont responsables, se référer également à l’intérêt général.
• Pour éviter des ultimes arbitrages de la justice qui elle non plus n’est pas exempte de dérapage (c’est d’actualité à d’autre niveau) il faut privilégier la communication, l’information, la consultation, la concertation voire la participation afin d’aboutir à un compromis que l’on pourrait qualifier précisément d’intérêt général.
• L’actuelle charte de l’environnement dite constitutionnelle en cours d’instruction par nos élus nationaux nous guide vers cette démarche, elle propose le principe information-participation selon la charte de la concertation diffusée sur le site THELEME, le 12janvier 2004 (cf. doc.).
• Autres dispositifs favorables à cet objectif :
1. Les actions concernant la concertation actée à la charte de l’environnement et du développement durable de Cannes signée en janvier dernier par le Préfet et le Maire.
Action 80 – Pérenniser le Forum annuel de l’environnement.
Action 81 – Créer un Comité consultatif représentatif (associations, socioprofessionnels, institutionnels).
Action 82 – Ecrire un guide de la concertation publique.
2. La participation-concertation des habitants en France – thème de la conférence internationale tenue au Noga-Hilton de Cannes les 2 et 3 février dernier présente une référence d’excellence.
En conclusion, je souhaite que l’ultime décision de justice concernant le dossier de la base nautique aboutisse au meilleur compromis d’intérêt général, le plus proche des intérêts particuliers des intéressés.
Que cette regrettable circonstance soit l’occasion de mettre en évidence l’importance de la participation citoyenne aux débats des dossiers en cours à Cannes et sur le bassin cannois, particulièrement les plans locaux d’urbanisme et le contrat de baie.
Les habitants, autour des associations représentatives regroupées, pourraient ainsi accompagner les élus et les aider dans leur décision de façonner notre cadre de vie futur et celui des générations qui nous suivent.
Il reste cependant à créer ensemble ce climat d’estime et de confiance réciproque indispensable à une démocratie participative bien comprise de tous.
(Pierre Guyomarch, éco-citoyen)
De : Dphssm@aol.com [mailto:Dphssm@aol.com]
Envoyé : mercredi 9 juin 2004 11:08
L'Association DPHSSM ainsi que l'Association de Défense et d'écoute du réveil Cannois sont heureuses de voir qu'enfin aujourd'hui il y a une réelle reprise en compte de la Justice .
Ces deux Associations connaissant bien le dossier se joignent pleinement à à l'Association
A la pointe ! ainsi que des riverains qui n'ont fait qu'une fois de plus , défendre leur cadre de vie ainsi que la Patrimoine Cannois .
Il est vrai que cette situation va encore obliger les Cannois à mettre la main
à leur porte monnaie , mais à qui la faute ?
Faute de l'Etat qui ne fait pas respecter les lois et décrets en vigueur sur la loi du Littoral , la Ville de Cannes qui passe outre et
bétonne Cannes sans prendre en considération les Cannois,
ou tout simplement l'inconscience de certains hommes qui bafouent au plus haut niveau les Lois Républicaines .
Une fois de plus les principes du droit sont complètement foulés aux pieds .
Il est vraiment regrettable de constater qu'une fois de plus c'est malheureusement le Patrimoine Cannois qui subit la foudre .
Que restera t'il a nos nos générations futures ? DU BETON et encore du BETON .
De : Pascale VAILLANT [mailto:vaillant.pascale@wanadoo.fr]
Envoyé : mardi 15 juin 2004 22:22
Plusieurs réflexions sur les problèmes du Mourré Rouge :
1) Ne pas confondre Concertation et Information
Il y a eu à Cannes l’été dernier le congrès HQE, ( Haute Qualité Environnementale) pendant plusieurs jours, où élus, professionnels et associations, nous avons découvert une méthode simple pour un processus de concertation, qui a été appliquée dans différents pays avec partout de bons résultats ( méthode préconisée dans l’Agenda 21 et la loi sur le Développement Durable ; loi S.R.U …).
Avec la Charte de l’environnement, nous avons tenté d’appliquer cette concertation, en participation individuelle et collective. Mais sur d’autres projets plus précis, les situations de blocage, ou les recours répétés de riverains montrent bien l’inexistence d’un dialogue réel ou tout du moins son échec.
A ce congrès, il a été rappelé que cette démarche participative, pour être efficace doit :
- Partir nécessairement d’un diagnostic partagé ce qui permet de faire valoir un ensemble de points de vue souvent complémentaires, parfois contradictoires sur un quartier, sur un projet. Cela veut dire rechercher par tous les moyens la position des habitants pour s’inscrire dans la durée sur ce projet, avec en particulier :
la transparence de l’information, la facilité d’y accéder, permettant aux habitants d’acquérir une bonne compréhension et même une formation si nécessaire.
- Fixer les règles de la concertation en précisant le rôle de chacun : citoyens, techniciens, élus, sans démagogie pour un climat de confiance ;
- Prendre en compte les critiques ou propositions et y répondre individuellement ou collectivement
Dans ce cas précis de la base de voile, j’ai demandé une maquette de présentation en juin 2003, ce qui avait été accordé, avec explication aux habitants des choix faits par la ville sur les différents projets. La maquette n’a jamais été faite ni présentée.
En octobre 2003 : une première réunion contradictoire a eu lieu. Pour moi, c’était le début de la concertation. Il n’y en a plus eu d’autre.
Des aménagements ont été proposés : refus de les prendre en compte…
2) intérêt général et intérêts particuliers ?
Ce n’est pas parce qu’une association, voire quelques riverains, défendent le cadre de vie de leur quartier que nous ne sommes pas tous concernés, car ce quartier remarquable fait bien partie du patrimoine cannois. Tous les cannois y viennent et combien de touristes, qui regrettent déjà cette situation.
Ainsi est-ce pour le moins simpliste de dire que ces personnes veulent juste être indemnisées, et que c’est encore les cannois qui vont payer … ou que ce ne sont que des vieux dérangés par la présence des jeunes de la Base.
L’Hélistation, placée juste à côté, dont les autorisations provisoires répétées, contestées elles aussi devant le T.G.I, existe aussi au nom de l’intérêt général.
Qu’est-ce donc que l’intérêt général, si ce n’est avec un peu de bon sens, la somme des intérêts particuliers, parfois contradictoires, et qu’il est du devoir de la collectivité de concilier ! Au lieu de cela, la réponse a été :
« Nous avons été élus sur ce programme ; nous l’appliquons. Point. »
3) Les Associations ne doivent pas "se tirer dans les pattes" !
Cannes Jeunesse est avant tout une association, même s’il y a eu cette DSP : elle doit continuer à réfléchir et raisonner en association, pas contre une autre mais en écoute et en partenariat …
Attention à l’instrumentalisation de telle ou telle partie . Protéger ce quartier et avoir une base voile, ce n’est pas contradictoire. Et si on comprend que les salariés de Cannes Jeunesse veulent améliorer leur outil de travail et les conditions d’accueil des enfants et adhérents, cela n’est sûrement pas une raison pour ne pas discuter le projet avec les riverains. Il en serait d’autant plus valorisé s’il était porté par tout le monde !
Puisqu’on savait qu’il y avait déjà eu des rebondissements dans le passé pour ce projet, pourquoi recommencer, pourquoi vouloir aller si vite … pour se retrouver dans cette situation bloquée d’aujourd’hui, où tout le monde perd
du temps, de l’argent, de la confiance, de la solidarité.
Et si on dit que la démocratie ne s’use que quand on ne s’en sert pas, la participation des citoyens, elle, s’use quand on s’en sert mal !
(Pascale Vaillant, Conseillère municipale)
De :
Faure Dominique [mailto:faurenine@hotmail.com]
Envoyé : lundi 21 juin 2004 19:32
Mariée à un Cannois nous sommes amoureux du petit coin du Mourré
Rouge. Nous suivons de près les projets de construction pour l'association cannes jeunesse. Notre avis est clair et sans appel : il faut arrêter de détruire les sites en bordure de mer et sacrifier ces merveilles au nom des
jeunes... C'est pour ces jeunes justement qu'il faut préserver le littoral. Alors qu'ils trouvent une autre solution
! Dominique FAURE
De :
René Amyot [mailto:renebsp@hotmail.com]
Envoyé : mardi 22 juin 2004 18:07
OPINION D’UN QUÉBÉCOIS : En 1970, dans le cadre des échanges France-Québec de jeunes maîtres, je résidais au Cannet et j’enseignais au Lycée Bristol. J’ai joint alors la Maison des Jeunes de Cannes par le biais du Club de Voile et j’ai pu enfin m’initier à ce sport, rêve que je caressais depuis longtemps.
Une année entière pendant laquelle avec ma jeune épouse, je suis devenu un cannois d’adoption avec plein d’amis que sont mes cousins de France.
Durant ces dernières trente années, trois fois, j’ai refais mon pèlerinage à Cannes afin de me ressourcer et nourrir l’amour que j’avais développé pour cette ville magnifique et leurs citadins accueillants.
Les 25-26-27 mai dernier, pour souligner notre trente-cinq ans de vie commune, avant notre virée en Italie, nous avons voulu communier à nos sources françaises et s’imprégner encore une fois de ces paysages fantastiques ainsi qu’au chaleureux accueil des amitiés trente années durant entretenues et nourries.
Nous avons revu tous les endroits qui avaient présidé à notre amour naissant : notre appartement bâtiment Les Chênes, mon lycée Bristol où de nouveaux locaux avaient remplacé les préfabriqués, notre plage d’adoption et notre base de voile du Mourré Rouge où nous passions la majeure partie de nos loisirs.
Nous eûmes énormément de difficulté à localiser la portion de plage que nous avions choisie et la petite douche pour nous « dessaler » après la baignade. Ce que d’aucuns qualifient de « coquet » cette nouvelle bâtisse nous est apparue plutôt comme une recherche de compromis avorté, défigurant à tous jamais l’environnement du littoral qui nous faisait apprécier ce coin charmeur de Cannes! Les prouesses architecturales et les girouettes des concepteurs n’arrivent pas à cacher, masquer, ou rendre acceptable cette tentative de donner aux enfants le plaisir de l’eau tout en leur conservant un certain respect de l’environnement!
Comme d’autres portions de Cannes où le désert de béton gagne sur la verdure et où les grues géantes font pousser en hauteur des écrans qui nous voilent la mer, ce pan de mur du Mourré Rouge, entrecoupé d’espace de vision comme pour se faire pardonner d’être là nous a grandement déçus.
C’est pourquoi, avant de quitter Cannes pour Turin, nous nous étions enquis de la situation et nous nous promettions d’en suivre l’évolution.
THELEME fut notre référence. Nous y avons lu les reportages sur la base nautique ainsi que les commentaires, réactions et témoignages qui y sont compilés.
Cette mise en situation étant faite, nous tenons à donner notre point de vue d’ex-résidents de Cannes et toujours d’amoureux fils adoptifs.
Au-delà de notre perception toute a fait subjective, cependant, l’argumentaire des intervenants nous semble assez explicite et complète pour se forger une première opinion. Bien que, comme plusieurs le déplorent encore, trop d’éléments, en particulier le jugement écrit du tribunal administratif ne fasse pas encore partie des pièces jointes au dossier, ni d’ailleurs, des propos ou réactions écrites des élus qui semblent porter une certaine responsabilité si on en croit l’historique qu'en font les différentes associations à l’origine de cette demande en justice.
Les réactions qui précèdent la nôtre semblent majoritairement condamner un manque d’écoute et de concertation de la part des promoteurs du projet. Ainsi qu’un certain « baffouage » des règles et réglementations en vigueur. Et pour clore ce méli-mélo, un empressement de réalisation qui ne peut se justifier quand on préside aux destinées du bien commun comme me l’ont appris les quatre années en tant qu’élu à mon conseil municipal.
Il nous apparaît assez clair et nette que ce projet de base nautique nourrit davantage des ambitions de personnages impliqués que le service à rendre aux jeunes!
En tant qu’éducateur à la retraite, je partage entièrement certaines opinions émises plus haut à l’effet que l’éducation et la formation des enfants ne passent surtout pas par des installations physique ou administratives qui finissent souvent par manger et même avaler la mission pour laquelle elles sont mises en place.
Les vingt années à la tête d’un lycée m’ont appris que l’éducation et la formation des jeunes sont mieux servies par l’investissement dans les formateurs, leur mise à jour, leur positive appréciation davantage que dans les appareils, les bâtisses ou le confort des administrations qui finissent par croire que plus les sièges sociaux sont gros, plus leur visibilité sera garante de la mission à remplir.
La modestie des gérants, le dévouement et la disponibilité des animateurs qui oeuvrent dans des espaces modestes, respectueuse des environnements nous semblent un meilleur gage de succès.
En conclusion, les installations mobiles qui abritaient les équipements il y a trente ans auraient pu être remplacés et agrandis pour répondre aux besoins du jour ainsi qu’aux commodités d’usage, fusse-t-elle pour l’hygiène. L’administration ainsi que certains aspects de la gestion pourraient être localisés ailleurs sans compromette les objectifs de la base nautique et ramener ainsi le projet à des dimensions plus humaines, plus respectueuses autant des riverains, des usagers que de la population en général. .
J’ose espérer que le projet pourra être revu et que toutes les parties pourront y retrouver
leur compte dans le respect des uns et des autres. Et ma foi, qu’il faille en payer le prix pour une cure de minceur ne serait pas la fin du monde!
A suivre...
Nota : sauf à présenter un caractère diffamatoire ou injurieux, toutes les contributions sont publiées sans aucune exception. La vocation de THELEME étant de permettre l'instauration d'un débat, sans prendre parti.