|
CANNES TV : histoire d’un lâchage ou comment le service public n’est plus au service du public |
Lu sur le site www.sophianet.com : Cannes TV perd sa subvention municipale (3,2 MF) (28/01/2002)
La crise à Cannes TV (10 salariés) ! Elle a été ouverte, la semaine dernière, à l'occasion du vote du budget primitif 2002. Créé il y a un peu plus de dix ans, Cannes TV vit presque exclusivement (85%) de subventions municipales. Celle-ci se montait à 488.000 € (3,2 MF) en 2001, mais ne sera pas reconduite en 2002. Bernard Brochand, le député-maire de Cannes a ainsi expliqué que la télévision cannoise ne devait plus être municipalisée et qu'un appel à la concurrence serait lancé pour une délégation de service public en juillet prochain.
Pour passer le cap jusqu'à cette date, la ville compte mettre en place une convention de subventionnement qui reconnaîtrait la mission de service public de Cannes TV et accorderait une subvention de transition. Concernant le repreneur, qui aura à charge de réintégrer tout le personnel, quelques noms de candidats ont déjà circulé en ville comme Reservoir Prod de Jean-Luc Delarue ou M6.
Lu sur le site www.cannes-tv.com (encore visible en juillet 2004)
![]() |
Rompant
avec le monde Associatif, Cannes TV devient une société commerciale aux
objectifs ambitieux. Epaulée par des partenaires attentifs et dynamiques,
elle entend se positionner comme média incontournable, comme société
capable d’offrir la meilleure stratégie de communication. |
La
nouvelle grille des programmes diffusée à compter du 6 octobre 2003 crée une
nouvelle dynamique pour notre chaîne à travers :
- une amplitude quotidienne de 16 heures
- des émissions variées [..]
Lu sur le site www.sophianet.com : C'est terminé pour Cannes-TV (02/07/2004)
Cannes-TV, dans sa version privée, n'aura guère duré qu'un peu plus d'un an. La société a annoncé récemment à ses salariés qu'elle allait arrêter son activité à partir du 30 juin, l'ensemble du personnel étant licencié (14 personnes). Créée par la municipalité cannoise lors de l'époque de Michel Mouillot, cette chaîne TV locale était diffusée uniquement sur le câble (il compte 12.000 abonnés et 25.000 spectateurs). Elle a vécu pendant longtemps de subventions municipales (de l'ordre de 600.000 euros annuellement) avant que Bernard Brochand, le député-maire de Cannes, ne décide en mars 2003 de privatiser la chaîne, après une tentative infructueuse d'appel d'offres pour une délégation de service public.
Candidat retenu par la ville lors de la privatisation, le groupe Nice-Matin, avait alors cherché à renforcer l'activité de la chaîne. Il avait augmenté les effectifs (de 9 personnes à 14), renouvelé le matériel pour passer entièrement au numérique et rénové les locaux. La nouvelle station avait été inaugurée fin mai 2003 et avait lancé sa nouvelle grille de programmation début juin 2003. Mais après un an d'exploitation, devant un déficit jugé trop important en regard de l'audience, c'est un trait qui est aujourd'hui tiré sur cette opération de diversification dans l'audiovisuel.
Tout cela n’aura donc pas duré un an, puisque dès le 30 juin 2004, le service, repris par le groupe Hachette – Lagardère – Nice Matin, était donc interrompu. L’intérêt des Cannois dans tout cela ne pèse pas bien lourd dans la balance.
Il y a plus grave : où est passé la notion de SERVICE PUBLIC dans tout cela ? Cannes TV a des devoirs à l’égard des Cannois ; elle a coûté (cher) aux Cannois. Si le groupe Nice Matin n’est pas capable d’assurer ce service, il DOIT rendre Cannes TV aux Cannois à qui elle appartient.Il en va de même pour le canal dédié à la télévision locale, que Noos est tenu de fournir aux Cannois par son cahier des charges ; ce canal doit être restitué aux Cannois.
Ce désengagement en deux étapes est une source d'économie non négligeable pour la Ville, comme pour le repreneur privé ; on peut s'interroger cependant sur le devenir d'autres structures associatives "budgétivores" qui pourraient à leur tour passer sous le régime de la délégation de service public, puis de la privatisation, pour finir à l'abandon, parce que non rentables selon des critères strictement économiques. Cannes Jeunesse, Cannes Echecs, le Collège International, par exemple, et pourquoi pas l'Ecole Rosella Hightower de Mougins ou l'orchestre Régional devraient, parmi nombre d'autres, s'en inquiéter.
On ne manquera pas de rapprocher le sort fait à Cannes TV (25 000 spectateurs) et à l’AS Cannes (600 spectateurs). La Ville de Cannes a versé (réf. budget primitif 2004) :
à Cannes TV 205 806 € en 2003
à la SAEMS AS Cannes Football 750 000 euros, en augmentant de 50 % le capital , Cannes se portant donc acquéreur de 9 840 actions nouvelles au prix unitaire de 76,22 euros. (cliquer ici)
à la SAEMS AS Cannes Football 1 829 388 € en 2003
à la SASP AS Cannes Centre de formation 1 829 388 € en 2004
sans oublier une "rallonge" pour l'AS Cannes de 600 000 € votée en juin 2004 et présentée comme "la der des der"
En
illustration, trois documents de la Ville de Cannes (format
pdf)
:
extrait de Cannes Soleil sur Cannes TV octobre 2003 : lire
communiqué de presse du 14 mars 2003 sur Cannes TV : lire
conférence de presse du 26 octobre 2001 sur l'AS Cannes : lire
Nous nous proposons d'ouvrir nos pages aux Cannois qui le souhaitent. Vous désirez vous exprimer sur la disparition de Cannes TV ? Ecrivez nous : nous publierons votre opinion.
Pour nous écrire : cliquez ici
Vos réactions (par ordre chronologique) :
De : Geneviève
DE BUSTOS [mailto:genevieve.de-bustos@wanadoo.fr]
Envoyé : dimanche 11 juillet 2004 14:36
Comme nombre de Cannois, je déplore l'arrêt de Cannes TV.
Tout d'abord, cette sympathique chaîne permettait à tout un chacun d'avoir les "dernières nouvelles de Cannes". Si vous aviez manqué une manifestation... pas de souci, « on la verra sur Cannes TV ».
Ensuite, ses reportages sur des évènements, des personnages proches de nous, nous permettaient d'apprécier à leur juste valeur les acteurs de notre vie sociale ainsi présentés. On sentait « vivre notre ville » pour nous d'abord et c'est légitime.
Et puis, dans les assemblées générales de nos associations, on voyait arriver "nos reporters"... ceux que l'on aime côtoyer, avec qui l'on pouvait discuter, les mêmes que nous retrouvions avec bonheur derrière le petit écran.
Le lien était créé, il est maintenant rompu.
Tout cela est fini... Pourquoi?
Parce que les priorités des élus se tournent vers d’autres points d'attraction :
1 - la dimension internationale de Cannes... certes parfaitement utile pour son devenir et pour toutes les personnes qui vivent de cette activité, mais pas pour tous.
Et maintenant c'est le sentiment de révolte... nous les non-commerçants, on ne compte pas!...
2 - le sport de haut niveau et notamment le foot… qui n’intéresse pas tout le monde.
Mais n'oubliez pas quand même, messieurs les décideurs, que tous les Cannois mettent leur bulletin dans l'urne, que tous les
Cannois tiennent à leur ville et veulent y vivre agréablement.
Que vous saurez après leurs votes, si vos actions ont été appréciées de vos électeurs, et que la censure des élections a souvent surpris plus d'un élu...
Ce discours, on vous l’a déjà tenu… faudra-t-il le réitérer combien de fois pour qu’il soit entendu ?
N'oubliez pas non plus que nos évènements canno-cannois sont très aimés et que les discours que l’on nous tient en ce moment "pas d'argent" nous les ressentons très mal.
Pas d'argent pour nous qui vivons ici, qui y votons, qui payons nos impôts... pour nos manifestations associatives, pour nos actions en faveur de tous, jeunes, moins jeunes que ce soit dans le domaine culturel, ou artistique…
Les Cannois veulent bien comprendre les difficultés matérielles... mais dans la mesure où l'on ne distribue pas d'énormes avoirs d'un côté... pour les refuser de l'autre.
Sachez aussi que nombre de bénévoles travaillent pour assurer à leurs concitoyens des loisirs agréables, et qu’ils aspirent légitimement à être aidés et entendus.
Débrouillez-vous messieurs pour que nous retrouvions notre chaîne, que la colère grandissante ne s'étende pas... Les Cannois comptent sur vous.
Geneviève Mougins
De : Alexandra GILSON [mailto:a.gilson@cannes-tv.com]
Envoyé : lundi 12 juillet 2004 10:35
Merci de toute l'équipe de CANNES TV. Votre
soutien nous est précieux. Cela fait chaud au coeur. Merci, merci et Merci.
Alexandra
De :
Isabelle PHILLIPS [mailto:wilphie2@wanadoo.fr]
Envoyé : lundi 12 juillet 2004 18:11
L’arrêt de la chaîne locale Cannes TV est une honte véritable pour notre ville, un vide grave dans le maigre bouquet médiatique qui reste à la vie locale : désormais, à Cannes, il ne restera plus que l’omnipotent Nice Matin, seul sur la place pour faire écho de la vie cannoise, une gazette à voix unique, comme dans les villages du 19ème siècle ! En tant que journaliste moi-même, j’ai une autre raison d’être révoltée. Ainsi, parce qu’elle n’est pas assez économiquement rentable, on coupe le courant à la télé locale de Cannes, on saborde des années de travail, de compétence et de passion, on sacrifie l’expression et le média sur l’autel du Dieu Economie.
A qui profite une télévision locale ? Aux cannois, bien sûr, pas aux congressistes, pas aux touristes, autrement dit, pas à ceux qui font fonctionner le tiroir caisse ! Cannes n’a plus de télévision. « Qui s’en inquiète ? –Les Cannois. » Autant dire personne, au regard de la municipalité, qui pourtant ne manque pas de subventionner largement le ballon rond. L’AS Cannes est-elle rentable ? Au fond, peu importe, puisque la Ville de Cannes n’est pas seule responsable : elle n’a plus voulu de Cannes TV comme organe médiatique, tant pis pour elle.
C’est davantage l’attitude du groupe Hachette-Lagardère-Nice Matin qui est scandaleuse, car là, il y avait les moyens de remettre à flot une comptabilité déficitaire.
Pour cela, il fallait vouloir voir plus loin que le bout de son nez, et avoir des valeurs autres que celles du profit à tout crin.
En fait, le sort de Cannes TV est semblable au schéma général de notre société, ou sous prétexte de rentabilité, tout est permis, au mépris total de l’intérêt des citoyens.
Toujours est-il que Cannes TV manquera à Cannes.
Isabelle Phillips
De :
Véronique WILKIN
Envoyé : lundi 12 juillet 2004 19:15
Le sort de Cannes Tv est réglé, dans une absence de surprise, comme l’acceptation tacite, car logique et économique d’une exception locale non viable.
Cannes tv était une singularité Cannoise, une télévision en marge et démarquée du marquage lobotomisé des autres chaînes ( du câble et d’ailleurs).
A l’origine c’était une initiative novatrice, même si, de fait, le financement municipal inféodait toujours un peu le discours. Mais l’intérêt était ailleurs, la création d’une télévision locale qui rendait accessible et sensible les évènements de la vie de la cité.
On pouvait croire que le financement d’un tel service était une dépense nécessaire, comme celui des bibliothèques ou des services de nettoyage, qu’il correspondait au souci de communication de la ville vers ses habitants, une communication désormais entrée dans les mœurs. Or, c’était un luxe contingent au bon plaisir de la souveraine « budgétisation ».
Un détail que bon nombre de téléspectateur cannois ignore, à tort.
L’annonce du relookage de la chaîne, par le grand groupe financier-médiatique Hachette-Lagardère-Nice-Matin , est révélatrice, dans ces grands mots vides, de l’inexorable modélisation unique de la télévision. Cannes tv devait devenir rentable et surtout devenir un clone des autres chaînes.
La multiplication des réseaux d’information est un progrès de façade. De fait, c’est un leurre quand l’étranglement de la source d’information est masqué par ses multiples débouchés. Tous identiques sous leurs panoplies adaptées « au public ciblé ».
Aussi, une télévision locale dirigée par un grand groupe de presse n’offrait guère d’intérêt. Il suffit de lire la banalité des mesures avancées pour deviner la médiocrité formatée qui se profilait sur nos écrans.
Les nouveaux moyens d’accès à l’information, le câble, le satellite, l’Internet, sont intéressants en ce qu’ils permettent de connaître l’actualité internationale, de développer des points plus spécialisés, et de faire vivre l’actualité la plus proche, la plus quotidienne.
La télévision locale est le lieu où peuvent s’exprimer les vies « couleurs locales » sans ringardisme, ni soumission aux stéréotypes. Une télévision locale se doit d’être inventive avec la vie quotidienne dont elle rend compte, ses particularismes deviennent sa force.
Cannes Tv a joué ce rôle pendant des années. Elle conservait sans doute les ressources humaines pour continuer.
Aujourd’hui le bassin Cannois possède un organe de Presse, dont le titre ne porte pas même le nom de Cannes, faut-il le citer ? Non, il est cité comme la bible par tout un chacun : Le Journal
Quant aux choix financiers de la municipalité, ils sont immémoriaux « donner au peuple du pain et des jeux ». Aujourd’hui la vie roule dans un stade et le foot est devenu l’opium du monde.
Que pèse une plate-forme d’expression comme une télévision locale face à cela ?
Véronique Wilkin
De : Anne-Marie AVI-CAGNON
Envoyé : lundi 12 juillet 2004 19:55
A CANNES TV
Faisant partie d’une minorité qui n’intéresse personne (les provençaux ou indigènes) nous percevons votre désespoir.
Vous étiez jeunes, brillants, impartiaux et donnaient à notre ville une image d’une jeunesse travaillant pour les cannois.
Nous espérons que raisonnablement nous trouvions tous une solution pour que votre sourire perdure derrière les caméras car sans vous nombre d’actions comme celles de l’association du Moulin Forville n’auraient pas eu l’impact que nous leur avons connu.
En effet, avec vous, nous avions « le son et la couleur » au sens propre comme au sens figuré.
Impartialement vous avez su trouver le ton qui convenait à notre affaire, vous étiez toujours présent près de nous.
Personnellement grâce à vous mes petits enfants me prenaient pour une vedette !
Si notre appui compte pour quelque chose, il vous est acquis.
Nous ne vous oublierons pas.
Anne-Marie Avi-Cagnon
Présidente de l’association du Moulin Forville – Musée Victor Tuby.
à suivre ..